LA
CÉRAMIQUE : DIVERSES INFORMATIONS
Fresques
murales de Provence sur carrelage et credence en ceramique
pour decoration d'interieur
Fresques
Murales
La
peinture murale est la toute première
histoire de la peinture. L’humanité
a commencé par l'art pariétal
des peintures murales des cavernes, premiers
signes transmis entre les hommes. Dessins, tracés,
images de beauté, d’effroi, de
magie. La paroi, le mur a été
le premier support de la peinture. Le support
de la peinture murale est la pierre, le béton,
la brique, le plâtre, les matériaux
de l'architecture. Le peintre peint directement
sur le support ou peint sur des toiles qui sont
ensuite marouflées (collées) sur
les murs. La fresque est une technique particulière
de la peinture murale. La couleur y est appliquée
sur un enduit à la chaux fraîche
(fresco en italien). Le terme de fresque est
le plus souvent utilisé par métonymie
dans le langage courant et désigne la
peinture murale en général et
rarement la technique.
La
peinture murale témoigne des préoccupations
de chaque époque, art public ou privé,
laïque ou religieux, populaire ou élitiste,
jouant un rôle social, voire politique.
La peinture murale est solidaire de l'architecture,
elle en est le prolongement et à ce titre,
la perspective est son outil pour la troisième
dimension. La peinture murale peut mieux et
autrement que la publicité valoriser
et marquer les entrées de ville, créer
des repères, identifier des lieux. Elle
favorise l'expression, le lien social. Domaine
de l'art public, de l'imagination de ses artistes
et de ses décideurs.
Dans le monde :
Allemagne
.
Le Mur de Berlin, construit en 1961 pour séparer
Berlin-Est de Berlin-Ouest à l'époque
de la guerre froide, a été le
support de nombreuses peintures, qui contestaient
notamment sa présence. Après sa
destruction en 1989, la majeure partie du Mur
a disparu, mais des fragments ont été
conservés par des particuliers (les Mauerspecht,
pic de mur), par l'État allemand et par
d'autres pays (Parlement européen à
Bruxelles; fort Langley de la CIA aux États-Unis;
Centre de commerce mondial, à Montréal).
Le reste le plus connu du Mur est situé
le long de la Spree, entre la gare de l'Est
et le pont de l'Oberbaum, qui enjambe la Spree.
Ce n'était pas une partie du mur externe,
mais de ce que l'on a appelé le mur de
l'arrière-pays, qui séparait la
zone frontalière de la RDA avec Berlin-Est.
En 1990, il a été transformé
par des artistes internationaux en « East
Side Gallery » et classé monument
historique. Il n'y avait pas de mur extérieur
à cet endroit, car la frontière
était située sur la rive opposée
de la Spree. Un autre fragment du mur (réel)
se trouve le long de la Niederkirchnerstraße,
dans le district centre, à proximité
de la chambre des députés de Berlin.
Il a aussi été classé monument
historique en 1990.
Belgique .
Fresque les Jeux et Jouets du Monde réaslisée
par Inêz Oludé de Silva
Il s'agit d'une scène grandiose, ludique
et attrayante, étalée sur 50 m2,
dans laquelle des enfants de différentes
nationalités jouent aux jeux et jouets
du monde. Les jeux montrés sont plus
au moins connus des enfants du monde entier,
comme la marelle, le saut à la corde,
les bulles de savons, les échasses, les
billes, le cerf-volant, le footbal, la capoeira
et des jouets de toutes sortes. Les enfants
sont dans la lumière solaire (fond jaune),
souriants, joyeux, comiques et en perpétuel
mouvement. Offerte aux enfants, par l'important
rôle du jouet dans la construction du
imaginaire ludique de l'enfant et dans la fortification
de sa formation intégrale, il vise aussi,
la conservation du Patrimoine Culturel et l'évaluation
de l'identité culturelle d'enfants et
de jeunes. Le projet s'insère dans la
prolongation d'un travail réalisé
au Brésil et en Belgique, dans les écoles
et camps de vacances pour des enfants de tout
âge, de toute nationalité dans
le respect mutuel.
Fréjus : sur la place février (place
de la mairie), trompe-l'œil de grande qualité.
Paris
: de nombreux trompe-l'œil et pochoirs ornent
les murs de la capitale. La période de
mai 1968 a vu l'éclosion de multiples graffitis
contestataires et de peintures sur les murs, notamment,
de Paris et de la Sorbonne.
Toulouse
: de nombreuses peintures murales et graffitis
célèbres enrichissent les murs de
Toulouse depuis les années 1990. Mademoiselle
Kat, Miss Van et Fafi sont les graffeuses les
plus populaires de la ville rose.
Lyon
: de nombreuses fresques murales, entre autres
La fresque des Lyonnais sur les bords de la Saône,
Le mur des Canuts et la fresque Lumière
réalisées par la Cité de
la création. À voir aussi, au quartier
des États-Unis, les fresques dédiées
à Tony Garnier, grand architecte lyonnais.
Salle des illustres. Paul Gervais. Le Capitole,
Toulouse.
Fresque Patrick Moya - rue Quincampoix Paris.
Mur peint, rue de Islettes, Paris.
Art de la rue, Paris.
Irlande du Nord .
En Irlande du Nord, les peintures murales (murals)
font partie du paysage des villes et des villages.
Chaque communauté a sa spécificité
bien que l’on retrouve des thèmes
communs.
Les
fresques loyalistes : La première fresque
loyaliste est peinte à Belfast autour de
1908. L’exécution des fresques loyalistes
faisait partie des festivités du 12 juillet,
jour de la commémoration de la Bataille
de la Boyne, occasion pour la population protestante
de réaffirmer sa loyauté à
la couronne d’Angleterre et sa suprématie
sur la population de confession catholique. Le
nombre de murals loyalistes a décliné
dans les années 1970 pour reprendre dans
la deuxième moitié des années
1980, notamment autour de thèmes militaristes
nécessaires à la propagande des
groupes paramilitaires loyalistes. Cependant d’autres
thèmes sont abordés depuis la fin
des années 1990 : historiques, culturels
ou encore liés à l’actualité
politique
Les
fresques républicaines : Les premières
fresques républicaines apparaissent dans
un contexte de lutte et de censure. A partir
de la fin des années 1970, au moment
de la lutte des prisonniers pour un statut politique,
les républicains ont commencé
à peindre des slogans sur les murs comme
moyen de soutien et de propagande.De manière
générale, même si dans un
premier temps, les fresques en l’honneur
des membres de l’IRA (Armée républicaine
irlandaise) et des prisonniers ont continué
à apparaître, dans la deuxième
partie des années 1980 et les années
1990, les thèmes utilisés dans
les murals républicains ont été
les suivants : l’histoire, la culture,
les solidarités internationales, les
réactions aux sujets d’actualité.
Il existe en permanence environ trois cents
murals en Irlande du Nord. Cette pratique de
« propagande murale » n’a
pas d’équivalent en Europe de par
son étendue et sa diversité.
Italie
.
Peinture murale de Francesco del Casino à
OrgosoloDe nombreuses peintures ont été
effectuées sur l'île de Sardaigne
à partir de la deuxième moitié
du XXe siècle. On trouve ces fresques
murales sur les murs des villes ou sur des rochers
avec des couleurs pastels et assez tristes,
des visages profonds où l'on peut remarquer
un peuple sarde fortement touché par
l'histoire. Le message qu'elles transmettent
est souvent de nature politique, mais peut être
également historique ou citoyen.
Les
premières apparurent à San Sperate,
au sud, puis le phénomène essaima
et se développa particulièrement
à Orgosolo, dans les montagnes du centre.
Ce village compte à lui seul 400 murales,
dont bon nombre ont été réalisés,
souvent dans un style inspiré par Picasso,
par Francesco del Casino et ses élèves.
Les peintures portent sur la vie du village
ou sur des thèmes politiques : luttes
d'ouvriers et de bergers, contestation contre
le nucléaire ou les occupations militaires
(de l'OTAN, des États-Unis). Le mouvement
se poursuit aujourd'hui grâce à
des artistes sardes, allemands, français...
République tchèque
.
Le mur John Lennon dans le quartier de Malá
Strana. À Prague, en face du palais Bucquoy,
siège de l’ambassade de France,
le « mur John Lennon » héberge
depuis les années 1980 le portrait du
célèbre chanteur, régulièrement
effacé par les sbires de la Sécurité
d'État, tout aussi régulièrement
repeint et grafitté par des jeunes contestataires,
il devient l'un des symboles de la dissidence
politique et de la rébellion artistique
contre la Normalisation en Tchécoslovaquie.
Il a survécu à la chute du Mur
de Berlin et à la Révolution de
Velours et est désormais « entretenu
» par les hordes de touristes qui ne manquent
pas d'y laisser une marque de leur passage.
On est passé du Politique au Postmodernisme…
Sénégal .
Le mouvement Set Setal a poussé à
la fin du XXe siècle de nombreux jeunes
et enfants à peindre sur les murs de
la capitale, Dakar.
Suisse .
Dès 1985 Carolus, alias de Carol Gertsch,
réalise de nombreuses peintures murales
à La Chaux-de-Fonds et plus d'une centaine
à travers le monde.
La
peinture murale est une véritable institution
au Mexique [réf. nécessaire]. Partout
dans le pays, aussi bien dans les villes que les
petits villages isolés, le visiteur remarquera
la qualité et la variété
des œuvres réalisées qui tournent
autour de trois axes principaux : la religion,
la politique... et la publicité. Même
les plus grandes marques, comme Coca-Cola, y ont
recours; Souvent, l'artiste signe sa réalisation
et indique son numéro de téléphone
pour trouver de futurs clients. La raison de cette
manière de procéder, plutôt
que d'utiliser des affiches en papier, s'explique
simplement par le fait que le papier coûte
cher au Mexique et que la peinture résiste
bien mieux aux intempéries.
Les
deux plus connus muralistes mexicains sont Diego
Rivera qui réalisa à partir des
années 1920 des peintures portant sur
des thèmes politiques - Palais présidentiel
de Mexico - et visant à créer
un « style mexicain » combinant
l'art mexicain indigène avec les influences
modernes venues d'Europe, et David Alfaro Siqueiros,
évoquant des thèmes plus engagés
et qui réalisa de nombreuses œuvres
"édifiantes" pour le compte
du gouvernement - École Nationale Préparatoire
de Mexico, École d'Agriculture de Chapingo...
ou des institutions comme le « Portrait
de la bourgeoisie » peint en 1939 pour
la Maison des syndicats de Mexico.
États-Unis
.
Le mexicain Diego Rivera peignit sur les murs
de Détroit et (mais la peinture fut bientôt
retirée) sur le Rockefeller Center de
New York. De jeunes artistes développèrent
cette pratique à partir des années
1960-1970, notamment à Los Angeles ou
à New York. Jean-Michel Basquiat peint
et dessina des graffitis dans cette dernière
ville dans les années 1980.
À
Philadelphie, 3 000 fresques ornent les murs
des bâtiments. Dans les années
1990, afin d'endiguer la prolifération
des graffitis, le conseil municipal décida
de céder quelques murs aux tagueurs.
Plusieurs façades devinrent aussitôt
des terrains d'expression pour les graffeurs
et les peintres, encouragés par le Mural
Arts Program (MAP). Les fresques représentent
des paysages, des personnalités de la
culture populaire, dans un style s'apparentant
à l'hyperréalisme et à
Diego Rivera. La plus grande de ces fresques
s'intitule Common Thread : réalisée
par Meg Saligman, elle est peinte sur un bâtiment
de huit étages. Legacy de John Sarantis,
a coûté quelque 250 000 $ (soit
plus de 170 000 euros). Il existe un circuit
touristique pour admirer ces fresques.
LES
DIFFERENTES CERAMIQUES
Outre les verres, les liants hydrauliques et les
émaux sur tôle, on distingue parmi
les céramiques traditionnelles les produits
céramiques poreux (poteries, produits réfractaires,
faïence fine, etc.) et les produits céramiques
imperméables (grès cérames,
porcelaines, etc.), dont la pâte a été
vitrifiée à haute température.
La base commune des pâtes céramiques
est l'argile, dont le type est le kaolin, employé
dans les poteries blanches, la faïence fine
et la porcelaine. On lui ajoute des éléments
non plastiques et des fondants, qui provoquent la
vitrification des pâtes. Les pâtes sont
préparées en mélangeant les
éléments dans des délayeurs,
des malaxeurs ou des moulins broyeurs. Elles sont
ensuite façonnées sous forme liquide,
sous forme de pâte presque sèche ou
sous forme de pâte plastique. La porcelaine
cuite à son premier feu, à basse température,
est appelée « dégourdi »
: la pâte présente une consistance
et une porosité lui permettant de subir l'émaillage
; la porcelaine est ensuite cuite à haute
température et acquiert ses caractéristiques
définitives, mais elle peut encore faire
l'objet d'une troisième cuisson si la décoration
comporte des ors ou des couleurs vitrifiables sur
couverte. Les pièces non émaillées,
mais cuites à fond en une seule cuisson,
sont appelées « biscuit ». Les
poteries communes sont cuites, en général,
en charge et en pleine flamme, tandis que les poteries
fines, faïences et porcelaines, sont cuites
en cassettes.
LES
FRESQUES CÉRAMIQUES MURALES
Aujourd'hui,
la famille s'est élargie aux céramiques
techniques, qui conservent les propriétés
des céramiques classiques mais qui ont acquis
des capacités mécaniques nouvelles.
Si bien que l'on parle aujourd'hui de céramiques
thermo-industrielles, de céramiques structurelles
ou encore, dans le monde anglo-saxon, de céramiques
fines. Ces définitions s'appliquent à
toute une famille de produits possédant plusieurs
points communs : les matières de base sont
d'origine minérale et préparées
sous forme de poudres ; la mise en œuvre passe
par une double étape de compression et de cuisson,
qui donne la forme définitive à la pièce.
Cette
nouvelle génération de céramiques
est capable de subir des contraintes sévères
: protection thermique de pièces exposées
à de hautes températures, composants
de moteurs à explosion, pièces d'usure.
Aussi ce secteur fait-il l'objet d'une intense bataille
économique et industrielle entre le Japon,
les États-Unis et l'Europe. Tous trois investissent
des sommes considérables dans des programmes
de recherche et de développement. Une nouvelle
ère s'ouvre donc pour les céramiques.
Elles pourraient bien devenir le matériau
de l'an 2000 pour toutes les applications où
la performance prime les autres facteurs. Outre
leurs capacités thermiques, leurs qualités
sont nombreuses : faible densité, dureté
élevée, résistance à
l'usure, à l'abrasion et à la corrosion,
transparence optique, perméabilité
magnétique.
Les
céramiques techniques sont promises à
un grand avenir dans les moteurs thermiques, où
leur utilisation dans les parties en contact avec
les gaz brûlants annoncerait la réalisation
d'un moteur pouvant fonctionner sans refroidissement
forcé.
LE
CARRELAGE MURAL
Oxydes, nitrures ou carbures d'aluminium, de silicium
ou de titane, les céramiques techniques font
principalement appel à des combinaisons binaires
de corps simples, à des matières premières
extrêmement répandues dans l'écorce
terrestre, géographiquement bien réparties
et dont l'exploitation minière ne pose pas
de difficultés particulières. Mais
la transformation de ces minéraux en poudres
ou en fibres et leur mise en forme à l'échelle
industrielle demandent des moyens lourds.
Les
céramiques sont généralement
classées en deux grandes familles : les oxydes
et les non-oxydes. Les premières comprennent
les grandes céramiques classiques : alumine
(Al2O3), silice (SiO2), zircone (ZrO2) ou encore
oxyde de titane (TiO2). Les céramiques non-oxydes
comprennent les carbures de silicium (SiC), de titane
(TiC) ou encore de bore (B4C). Certaines d'entre
elles, comme les carbures de bore et de silicium,
ont la dureté la plus élevée
de tous les matériaux actuellement connus,
diamant mis à part. Les nitrures sont surtout
à base de silicium (Si3N4), de titane (TiN),
de bore (BN) ou d'aluminium (AlN). Parmi les céramiques
tertiaires et quaternaires, les principales sont
les « SiAlON », qui portent le nom de
leur formule, et les « SiMON » (où
M représente un métal). D'autres sont
encore plus complexes, comme les LAS (composés
de Li, Al, Si), la cordiérite ou la mullite.
À cette grande famille des céramiques
du type poudre, il convient d'ajouter les céramiques
fibres, très prometteuses (SiC et SiCN) :
le carbure de silicium joue le rôle de fibre
et de matrice dans les matériaux composites
SiC/SiC. Elles restent réservées à
quelques applications militaires ou spatiales.
LES
FRESQUES PROVENCALES
Les céramiques techniques lancent un défi
: comment fabriquer des objets à partir de
poudres fines ? La mise en forme de la pièce
doit précéder l'élaboration
du matériau, procédé inverse
de celui de la métallurgie classique. En
effet, les alliages métalliques passent d'abord
par une phase liquide avec addition d'éléments
qui leur confèrent les propriétés
physico-chimiques recherchées ; puis ils
sont coulés dans des moules, usinés
ou déformés plastiquement. À
l'opposé, les poudres céramiques sont
d'abord mélangées à des additifs
plastifiants et pressées à cru pour
obtenir une forme qui se rapproche le plus possible
de la pièce finale. Ce composant reçoit
ensuite des traitements mécaniques ou thermiques
destinés à lui donner ses caractéristiques
finales. Étant donné la dureté
des céramiques, les opérations de
finition sont coûteuses et doivent rester
limitées. C'est l'une des principales difficultés
du développement industriel de ces matériaux.
La
première étape consiste donc à
fabriquer des poudres aux qualités précises
: pureté chimique, grande surface spécifique,
homogénéité élevée,
granulométrie contrôlée. Ces
poudres ont des diamètres variant entre quelques
micromètres et quelques dizaines de micromètres
et même parfois inférieurs au micromètre.
Elles sont élaborées par des procédés
chimiques ou mécaniques : sol-gel, coprécipitation,
atomisation, lyophilisation, pyrolyse de composés
organiques, décomposition par plasma, projection.
La
mise en forme consiste à comprimer les grains
de poudre de façon à créer
entre eux des liaisons permanentes. Idéalement,
le produit comprimé devrait atteindre la
densité du constituant de base. En réalité,
celle-ci n'est pas atteinte à cause des irrégularités
de forme et de la dispersion dimensionnelle des
poudres. Un liquide ou un liant organique sont ajoutés
aux poudres pour les rendre plus manipulables, puis
le mélange pâteux est densifié
par pressage, extrusion, coulage ou injection dans
un moule.
Le
mode de fabrication est choisi en fonction de la
cadence de fabrication souhaitée. Le coulage
en barbotine consiste à couler la solution
liquide de céramique dans un moule en plâtre
qui absorbe le liquide ; il convient aux pièces
de forme complexe, comme les pipes d'échappement
des moteurs. Le moulage par injection, d'une productivité
élevée, est destiné à
des petites pièces de précision. L'extrusion
donne, en continu, des profilés pleins ou
creux. Après mise en forme, les pièces
sont cuites dans un four à haute température
et sous haute pression.
LES
CREDENCES MURALES SUR FAIENCE
La course vers les hautes températures n'intéresse
pas les seuls moteurs. Dans de nombreux équipements
industriels, l'augmentation de la température
de travail se traduit par un gain de productivité
important, notamment dans les fours utilisés
en sidérurgie, dans l'industrie du verre
ou dans l'industrie céramique elle-même.
Une céramique comme le carbure de silicium,
qui combine résistance thermique, conductivité
électrique et inertie chimique, permet d'envisager
des éléments chauffants capables de
travailler à près de 2 000 °C.
Les mêmes contraintes et les mêmes possibilités
d'utilisation existent pour les échangeurs
thermiques.
Le
fil d'un outil de coupe subit des contraintes mécaniques,
thermiques et d'usure considérables. De plus
en plus, l'alumine, le carbure de silicium et d'autres
céramiques se substituent aux alliages métalliques
qui contiennent des métaux rares comme le
cobalt ou le tungstène. La biocompatibilité
des céramiques les rend utiles en génie
biomédical : prothèses osseuses en
alumine, implants dentaires. Leur inertie chimique
justifie certaines applications très particulières,
comme les membranes de filtration pour la séparation
isotopique de l'uranium.
Avec
la multiplication des applications électroniques
et l'intégration croissante des circuits,
la dissipation thermique est devenue un facteur
important. Ici, la capacité des céramiques
à évacuer des calories et leur faible
dilatation sont appréciées. L'alumine
a été longtemps le matériau
roi pour cette application avant d'être détrônée
par d'autres céramiques encore plus performantes
: nitrures d'aluminium, carbure de silicium ou de
béryllium, l'usage de ce dernier étant
probablement limité par sa toxicité.
Il faut aussi noter l'arrivée de céramiques
supraconductrices de la famille des YBaCuO, qui
ont révolutionné le monde de la recherche
il y a quelques années.
LES
CERAMIQUES THERMOMECANIQUES
Les applications thermomécaniques des céramiques
sont les plus intéressantes de toutes, mais
aussi les plus délicates. Elles doivent se
substituer à des métaux et alliages
métalliques qui perdent tout ou partie de
leurs propriétés dès que la
température dépasse quelques centaines
de degrés Celsius. Les composants mécaniques
exposés à de très hautes températures,
entre 1 000 °C et 1 400 °C, sont le domaine
d'excellence technique et économique de ces
céramiques.
Les
meilleurs matériaux métalliques utilisés
actuellement (superalliages à base de nickel)
perdent une partie significative de leurs propriétés
dès que la température dépasse
500 °C, et leur utilisation s'arrête à
environ 1 100 °C. Cette température limite
est de 1 200 °C pour les céramiques de
la famille alumine et zircone et de 1 400 °C
pour le carbure et le nitrure de silicium. Ce gain
dans la température de fonctionnement des
moteurs thermiques n'est pas la simple recherche
d'un exploit technique ; il améliore directement
leur performance et leur rendement. Ainsi, les experts
de General Motors estiment qu'un moteur à
explosion qui fonctionnerait à une température
d'environ 1 300 °C aurait un rendement supérieur
de 30 % à celui d'un moteur classique, qui
fonctionne à une température d'environ
900 °C et qui, malgré le refroidissement,
est limité par les matériaux actuels.
Un tel moteur permettrait, à puissance égale,
une économie de consommation de l'ordre de
30 %. De même, les spécialistes de
l'aéronautique estiment qu'un gain de 100
°C sur un turboréacteur entraînerait
une amélioration d'environ 10 % dans la performance
du moteur. Tous les grands constructeurs d'automobiles
ont engagé un programme de développement
de moteurs plus ou moins céramisés
: têtes de piston, cylindres, chambres de
combustion revêtus de céramique. Au
Japon, Nissan a commercialisé un modèle
sportif équipé d'un turbo chargeur
en nitrure de silicium. Plus modestement, des pipes
d'échappement sont utilisées en série
par certains constructeurs européens.
À
ces caractéristiques thermiques s'ajoute
l'avantage d'une densité moindre. La majorité
des céramiques thermiques sont au moins deux
fois plus légères que les alliages
ferreux. Un moteur automobile céramisé
aurait donc le double avantage d'être à
la fois plus léger et plus performant. De
plus, il pourrait, en principe, se passer de refroidissement
(ventilateur, pompe à eau, vase d'expansion)
et devenir ainsi adiabatique ou semi-adiabatique,
c'est-à-dire fonctionner sans échange
thermique avec l'extérieur, ce qui est le
rêve de tous les motoristes ayant le sens
de l'économie. Mais toutes les difficultés
sont loin d'être résolues, en particulier
celle de la liaison entre le revêtement de
céramique et les métaux, qui conservent
leur rôle de support. Il s'agit d'un assemblage
particulièrement difficile, car ces deux
matériaux ont des coefficients de dilatation
très différents.
En
dehors des applications en construction automobile,
les céramiques techniques trouvent déjà
des applications à température ambiante.
C'est le cas de blindages militaires, renforcés
de fibres à base de carbure de bore. Elles
sont aussi utilisées pour renforcer des composants
soumis à des contraintes d'usure élevées
: éléments de pompe dans l'industrie
minière, buses de pulvérisateurs.
Mais c'est dans le secteur spatial que l'on entrevoit
les applications les plus ambitieuses. Les navettes
américaines ont montré la voie avec
leur revêtement isolant en tuiles de silice,
rapportées sur le corps du vaisseau. L'avion
spatial européen Hermes devait faire appel
à des solutions encore plus originales. Sa
protection thermique était assurée
par des panneaux en céramiques qui servaient
aussi d'éléments de structure. Au
total, Hermes devait comporter près de deux
tonnes de produits céramiques.
Fabrication
de la ceramique en Gres (technique) : Voir
Ici svp
LES BEAUX-ARTS
Fresques murales
sur carrelage : credence ceramique de decoration d'interieur
Amphore
Inaltérable et employée à divers
usages, la céramique est un témoin
privilégié des civilisations. Des
récipients du néolithique aux réalisations
actuelles, les céramiques doivent leurs qualités
distinctives à la composition de leur pâte
et à leur mode de cuisson. Mais les machines
industrielles ne font qu'imiter les gestes millénaires
du potier pour mettre en œuvre une technique
dont le principe reste fondamentalement le même
: transmutation au four d'une matière molle
– à l'origine de l'argile (en grec
keramos) mélangée à des dégraissants
(sable, quartz, cendres, fragments végétaux,
paille, calcite…) – en un produit dur
et solide.
Alexandre
Brongniart, directeur de la Manufacture de Sèvres
de 1800 à 1837, propose une classification
en fonction de la dureté et de la porosité
de la pâte : il distingue les pâtes
tendres, opaques et poreuses cuites à basse
température, qui peuvent être vernissées
ou émaillées ; les faïences fines
et les grès, durs, opaques et imperméables
; enfin, les porcelaines, dures ou tendres.
D'usage
universel et multiple, la céramique reste
jusqu'à nos jours matériau de construction,
de revêtement mural, de pavement, d'expression
esthétique, et a connu, de la cuisine à
la table, des fortunes diverses. Les caravanes de
l'Islam, les compagnies portugaises puis hollandaises,
en introduisant la porcelaine chinoise, ont bouleversé
l'histoire de la céramique occidentale :
la quête de la composition de ce matériau
mystérieux se soldera par la découverte
du kaolin par Frédéric Böttger,
en 1709.
Les
premières céramiques MURALES
La Fresque céramique
est connue au Proche-Orient dès le mésolithique,
vers 7800 avant J.-C. Les premières pièces
sont à fond plat et à paroi très
épaisse. D'abord solidifiées au soleil,
elles sont bientôt cuites à four ouvert,
après façonnage au colombin (rouleau
d'argile en anneaux superposés et lissés).
Très tôt on a recours à des
moules : en pierre, en bois, en vannerie, voire,
à Chypre, en fond de coloquinte. Dès
le VIe millénaire, des décors sont
pratiqués par estampage, incision ou adjonction.
Bien
qu'elle soit plus ancienne, l'invention du tour
est attribuée par la tradition à Palos,
neveu de Dédale, vers 1200 avant J.-C. C'est
à cette époque qu'apparaît le
décor de couleur réalisé par
l'emploi d'un engobe : la céramique est enduite
d'une couche argileuse de même nature que
la pâte, mais plus fine et plus diluée,
teintée puis parfois polie. Réserves
et incisions font apparaître la couleur de
fond. L'Anatolie, la Syrie et la Palestine du IIIe
millénaire mettent au point des modes de
cuisson qui donnent des couleurs très brillantes,
grâce à un engobe à base d'oxyde
de fer qui devient rouge en atmosphère oxydante
(four ouvert) et noir en atmosphère réductrice
(four fermé et enfumé).
L'âge
du bronze : Les progrès techniques qui accompagnent
l'apparition du bronze rejaillissent sur les céramiques
: la maîtrise du feu permet d'atteindre des
températures plus élevées.
L'Europe centrale et occidentale entre en contact
avec le Proche-Orient et la Méditerranée,
les objets circulent. Les modèles métalliques
deviennent source d'inspiration. Ainsi, une «saucière»
retrouvée dans le Péloponnèse
reprend un modèle en or d'Arcadie, tandis
que, en Chine, la céramique blanche des Shang
répète les motifs des vases en bronze.
Alors
que la céramique précolombienne voit
apparaître la polychromie, sur des formes
très inventives (vases polypodes, multibecs,
anthropomorphes et zoomorphes, etc.), dans le Bassin
méditerranéen c'est la civilisation
minoenne qui offre, pour cette période du
bronze, les productions les plus abouties. Dès
les premiers palais (1900-1800 avant J.-C.), la
céramique peinte atteint avec le style de
Camarès une liberté et une souplesse
que la perfection des poteries de Suse n'avait pas
connues. Le style végétal des seconds
palais (1600 avant J.-C.) trahit l'influence mycénienne
qui dominera cette région au bronze récent.
Cruches, vases à étrier, gourdes,
cratères, « coupes à champagne
», les formes se diversifient et les parois
se couvrent d'un décor stylisé, qui
deviendra abstrait aux XIIIe-XIe s.
Apparus
dès le Néolithique, l'usage quotidien
et la fonction religieuse se développent
côte à côte. Les statuettes en
terre cuite et la grande sculpture destinée
aux sanctuaires sont là, à travers
les vestiges archéologiques, pour témoigner
de l'emploi courant à des fins cultuelles
de la céramique à cette époque.
L'âge
du fer : Découverte et mise au point par
les Hittites au IIe millénaire, la technique
du feu permettant d'atteindre des températures
de l'ordre de 2 000 °C se répand lentement.
En Chine, la métallurgie domine toutes les
créations de cette époque et les céramiques
empruntent leurs formes et leur décor au
métal. En Étrurie, les céramiques
noires d'aspect métallique témoignent
de cette même influence, alors que la Grèce,
et plus particulièrement Athènes,
privilégie la production céramique.
Le
Xe s. voit naître le style géométrique
et ce que l'on appellera longtemps du terme impropre
de « vernis noir », en réalité
une argile délayée riche en oxyde
de fer alliée à un produit alcalin
qui se vitrifie à 800 °C. Cette technique
connaît son apogée avec les figures
noires du style attique (Exékias), et les
figures rouges du peintre d'Andokidès (VIe
s. avant J.-C.). Euphronios compte également
parmi les grands noms qui marquent la période.
Aux
figures animales et humaines de style raide et schématique
de l'âge géométrique succèdent,
sous l'influence des colonies grecques, entre les
Xe et VIIIe s. avant J.-C., des sujets épiques
et mythologiques où des motifs floraux, végétaux
et des animaux fantastiques s'épanouissent
sur des pièces d'une infinité de formes
(on en a dénombré plus de 700).
Rome
: Les Étrusques donnent l'apparence du métal
à leur céramique dite bucchero nero.
À leurs somptueuses terres cuites funéraires
polychromes, les Romains préféreront
le marbre, et le métal envahira les tables
des riches, cantonnant la céramique aux usages
domestiques : jarres, cruches, lampes à huile,
etc.
La
production, concentrée dans des ateliers
régionaux, atteint un volume industriel avec
les poteries sigillées : au IIIe s. avant
J.-C., les Étrusques avaient mis au point
une poterie rouge dont la terre, très fine
et très homogène, était moulée
au tour. Cette poterie rouge, dont la fabrication
se maintiendra pendant toute la période romaine,
sera exportée dans l'ensemble du Bassin méditerranéen,
permettant une industrie florissante en Gaule au
Ier s. après J.-C. On a découvert
en 1979, à la Graufesenque, dans l'Aveyron,
des fours où pouvaient être empilés
jusqu'à 30 000 vases. Ces poteries, souvent
ornées à l'aide d'un sceau (sigillum)
et signées du potier, étaient largement
exportées vers la péninsule Ibérique.
Les
IIIe et IVe s. après J.-C. voient se développer
des poteries dont la couverte rend un éclat
métallique. Produite dans les mêmes
centres que la sigillée, la céramique
métallescente supplantera celle-ci.
L'ATELIER
PROVENCAL DE ROQUEBRUNE CERAMIQUE
Il faudra attendre le XIIIe s. en Espagne et la
fin du Moyen Âge dans le reste de l'Europe
pour que la céramique redevienne un objet
recherché pour son luxe et sa beauté,
notamment avec la faïence. L'Occident médiéval
possède de nombreux centres potiers, dont
ceux du Beauvaisis et de la Saintonge. Matières
et couleurs seront pour leur part améliorées
au XVIe s. par Bernard Palissy.
La
faïence : Le terme désigne des poteries
à pâte tendre, opaque, poreuse, recouvertes
d'un engobe à base d'étain, appelé
« émail blanc ».
L'Égypte
et la Perse (briques de Suse) sont à l'origine
des premières céramiques émaillées.
On doit aussi au Moyen-Orient la découverte
de l'émail stannifère blanc et opaque,
qui donna naissance à la faïence, ainsi
que celle du lustre. Ces techniques gagnent le pourtour
de la Méditerranée et surtout l'Espagne
(faïences lustrées hispano-moresques
de Málaga et de Manises), du XIIIe au XVIe
s. La faïence se répand également
en Italie, où ces céramiques prennent
le nom de « majoliques » (Faenza, Sienne,
Deruta, Gubbio, Castel Durante, Urbino, etc.). C'est
à partir du XVIe s. que se développent
les principaux centres faïenciers de Delft
(Hollande), Nevers, Rouen et Moustiers (France),
bientôt imités par Lille, Saint-Cloud
ou Sinceny. Les centres les plus importants des
faïences dites « de petit feu »
sont quant à eux Strasbourg, Marseille, Sceaux
et Niederwiller. À la fin du XVIIIe s., l'importation
massive des faïences fines anglaises ruine
le commerce des faïences françaises.
Les
grès
Les grès communs et les grès fins
sont des pâtes dures partiellement vitrifiées,
opaques et imperméables sans glaçure.
L'art du grès, découvert en Chine
vers le IIIe s. avant J.-C., fut en Europe la
spécialité des pays du Nord. Il
débute à la fin du Moyen Âge,
mais acquiert ses lettres de noblesse au XVIe
s. Au XIXe s., des céramistes comme Carriès,
Chaplet, Delaherche font des recherches sur les
grès d'Extrême-Orient et remettent
cette technique à l'honneur.
La
porcelaine
La porcelaine, inventée par les Chinois
à l'époque Tang (618-907) et diffusée
dès le VIIIe s. au Proche-Orient, est connue
en Europe dès le Moyen Âge, mais
elle n'est importée en grandes quantités
qu'à partir du XVIe s., par les Portugais.
Elle sera l'objet des recherches et la source
d'inspiration des potiers, verriers et alchimistes
occidentaux jusqu'au XVIIIe s.
Porcelaine
tendre
En France, à la fin du XVIIe s., des faïenciers
de Rouen, puis de Saint-Cloud mettent au point
une véritable production de porcelaine
tendre (manufactures de Chantilly [1725], Mennecy
[1735] et Vincennes [1738], transférée
à Sèvres en 1756). Cette production
gagne l'Angleterre (Chelsea, vers 1745), les Pays-Bas
autrichiens (Tournai, 1750), l'Italie (Capodimonte,
1743), etc.
Porcelaine
dure
C'est à Meissen (Saxe), en 1709, que la
première porcelaine dure semblable à
la porcelaine chinoise est fabriquée par
le chimiste allemand Böttger grâce
à la découverte de gisements de
kaolin. En France, la découverte des gisements
de kaolin à Saint-Yrieix (Limousin) amène
la fabrication de la porcelaine dure, à
Sèvres (1768), puis à Limoges (1771)
et en région parisienne (porcelaine de
Paris).
|
| Roquebrune
sur Argens est
une cité millénaire. C'est au XIe siècle
que la commune fut fondée sous le nom latin
de Rocca bruna' en référence au Rocher
Brun qui surplombe le village. En 973, Guillaume Ier,
Comte de Provence chasse les Sarrasins qui avaient
envahi la région depuis plus d'un siècle.
À partir de là, le village a passé
tout le Moyen Âge dans l'isolement à
l'abri de ses murailles, évitant aussi bien
les envahisseurs que les épidémies,
telles la peste noire. Au XVe siècle, la prospérité
revient et les constructions commencent à s'étendre
hors des fortifications, faute de place. Son ouverture
sur le monde ne se concrétisera qu'en 1829,
lors de la construction du Pont d'Argens qui relie
Roquebrune à la route d'Italie.
La
Céramique :
Elle
désigne l’ensemble des objets fabriqués
en terre cuite qui ont subi une transformation physico-chimique
irréversible au cours d’une cuisson à
température plus ou moins élevée.
De nature utilitaire au départ, la céramique
devient rapidement une expression artistique, qui
témoigne de l'art de vivre des civilisations
qui lui donnent des formes et des décorations
de plus en plus élaborées : vases grecs,
poteries précolombiennes, céramique
et porcelaine chinoises, céramique et porcelaine
d'Europe et du Moyen-Orient... La Vénus de
Dolni Vestonice, serait la plus ancienne céramique
jamais découverte Le mot céramique provient
du grec ancien, kéramos, qui signifie «
terre à potier », « argile ».
Il a donné son nom à un quartier d'Athènes,
le Céramique.
Un
matériau céramique est solide à
température ambiante et n'est ni métallique,
ni organique. Les objets en céramique sont
réalisés par solidification à
haute température d'une pâte humide plastique
(verres minéraux), ou agglutination par chauffage
(frittage) d'une poudre sèche préalablement
comprimée, telle que les pates blanches de
Roquebrune Céramique, sans passer par une phase
liquide (céramiques polycristallines) ; par
extension, on désigne sous le terme «
céramique » les objets eux-mêmes
ainsi fabriqués.
On
peut distinguer trois branches de la céramique
:
-
-la
céramique utilitaire, principalement
la poterie, la plus ancienne des formes de céramique
(elle est antérieure au travail des métaux)
qui utilise les terres argileuses comme matériau
de base ;
-
-la
céramique d'art qui a dérivé
de la précédente, et délaisse
la fonction utilitaire pour se centrer sur la
valeur décorative ou esthétique;
-
-la
céramique industrielle, particulièrement
développée au XXe siècle,
et qui utilise des matériaux à
base d'oxydes, de carbures, de nitrures, etc.
La
Ceramique murale est la première histoire
de la Ceramique.
L’humanité
a commencé par l'art pariétal des
peintures murales des cavernes, premiers signes
transmis entre les hommes. Dessins, tracés,
images de beauté, d’effroi, de magie.
La paroi, le mur a été le premier
support de la peinture.Le support de la peinture
murale est la pierre, le béton, la brique,
le plâtre, les matériaux de l'architecture.
Le peintre peint d'abord directement sur le support
ou peint sur des toiles qui sont ensuite marouflées
(collées) sur les murs.
Fresques
provencales
La
fresque est une technique particulière de
la peinture murale, y compris sur carreaux de céramique.
La couleur y est appliquée sur un enduit
à la chaux fraîche (fresco en italien).
Le terme de fresque est le plus souvent utilisé
par métonymie dans le langage courant et
désigne la peinture murale en général
et rarement la technique.
Roquebrune
Ceramique essaye modestement de vous proposer des
fresques sur carrelage, heritage d'un savoir millénaire
qui a ete perfectionné par de nombreux ceramistes.
La Ceramique murale témoigne des préoccupations
de chaque époque, art public ou privé,
laïque ou religieux, populaire ou élitiste,
jouant un rôle social, voire politique. Elle
est solidaire de l'architecture, elle en est le
prolongement et à ce titre, la perspective
est son outil pour la troisième dimension.
La
Ceramique murale peut mieux et autrement que la
publicité valoriser et marquer les entrées
de ville, créer des repères, identifier
des lieux. Elle favorise l'expression, le lien social.
Domaine de l'art public, de l'imagination de ses
artistes et de ses décideurs.Cet art mural,
populaire, modeste et ambitieux jouit du respect
et de la complicité du spectateur et reste
méconnu et souvent ignoré des instances
culturelles.
Trompe-l'œil
et Roquebrune Ceramique
On pourrait s’étonner, à notre
époque, de ce retour soudain, si contraire
à l’évolution de la peinture
contemporaine qui s'est progressivement déchargée
de tous les éléments constitutifs
de cet art au point d'en abandonner la matière
même, support et couleur, après que
le dessin, la composition et le sujet en aient été
successivement écartés. Ce sont ces
réductions qui ont caractérisé
la démarche de l'art moderne, c'est-à-dire
les changements qui se sont produits à partir
de 1820 et du romantisme, accentués par les
impressionnistes, puis par les cubistes, les fauves,
jusqu'à l'abstraction et au conceptualisme.
Tout ces trompe-l’œil, ces peintures
qui étaient oubliées depuis deux siècles
en Europe, les Américains les avaient, eux,
admirés au cours du XIXe siècle et
s'en étaient même engoués au
moment où l'Europe découvrait l'impressionnisme.
L'anecdote
célèbre rapportée par Pline
le naturaliste, d'après qui Zeuxis avait
peint des raisins sur lesquels s'étaient
jetés des oiseaux, trompés par l'exécution
parfaite, une foule d'autres récits de même
ordre nous indiquent que dès les débuts
de la peinture, on cherchait avant tout l'identité
de la chose peinte avec son modèle.
Malgré
la pauvreté des moyens techniques dont ils
disposaient, les décorateurs romains étaient
parvenus à imiter le relief à même
les murs pour simuler la sculpture et les éléments
d'architecture : colonnes, chapiteaux, soubassements,
statues, enrichissant à moindres frais les
intérieurs. À l'aube du réveil
de la civilisation sous la forme de la peinture
réaliste, Giotto commence par utiliser des
trompe-l’œil dans sa décoration
de la chapelle Scrovegni (1305) à Padoue,
et toute la peinture illustrative en découle
: à Florence son élève Taddeo
Gaddi imite son exemple dans le chœur de Santa
Maria Novella (v. 1338), mais il faut attendre plus
d'un siècle pour que leurs successeurs Masolino
da Panicale et Masaccio renouvellent cet exploit.
L'invention
de la peinture à l'huile qui permettait le
modelé s'est traduite immédiatement
par l'imitation de la sculpture sur les volets des
tableaux d'église, par son inventeur même,
Van Eyck. Toutes les peintures de ses proches successeurs:
Rogier van der Weyden, Memling, Mabuse, le Maître
de l'Annonciation d'Aix ont été classées
par les historiens d'art dans le genre de la «
peinture sculpturale ». En Italie, le XVe
siècle nous amène Antonello de Messine,
dont le Saint Jérôme de la National
Gallery est un magnifique trompe-l’œil
sauf en ce qui concerne la dimension, réduite.
Le Vénitien Carlo Crivelli peint un trompe-l’œil
réussi avec sa Vierge à l’enfant
du musée de New York.
Il
a soin en outre, d'orner chacun de ses tableaux
par des fruits et des légumes en grandeur
réelle, qui n'ont d'autre but que d'en affirmer
la réalité. En 1504, enfin, Jacopo
de Brabari, Vénitien, exécute à
Vienne un prototype des trompe-l’œil
qui suivront, qui est en même temps la première
nature morte, sous la forme d'une perdrix suspendue
à un mur avec deux gantelets de fer (Munich,
Alte Pinakothek).
Au
XVIIe siècle italien, la peinture se détourne
du réalisme pour développer ses possibilités
illustratives dans de grandes dimensions décoratives.
Toutefois, Raphaël n'hésite pas à
souligner ses fresques grandioses du Vatican par
des soubassements en camaïeu imitant la sculpture
: Michel-Ange accomplit le plus grand trompe-l’œil
de tous les temps avec le plafond de la Chapelle
Sixtine. Sandro Botticelli et ses confrères
du Quattrocento, l'avaient déjà entourée
par les images des papes en fausses sculptures.
En
Hollande, au XVIIe siècle, les sujets sont
moins ambitieux. La nature morte y atteint un sommet.
Le trompe-l’œil en est une sorte de maniérisme
qui tente d'annexer la troisième dimension
en réduisant la profondeur de champ et en
accentuant le contraste clair-foncé. Cependant,
l'évolution diffère selon qu'il s'agit
de trompe-l’œil décoratifs à
grande échelle ou de tableaux de petits formats
conçus pour amuser les spectateurs, qui sourient
quand ils s'aperçoivent que ce qu'ils ont
pris pour un relief est parfaitement plat.
En
effet, le relief s'apprécie surtout par la
mise au point du cristallin qui s'épaissit
pour accommoder la vue de près. La distance,
la profondeur se ressentent par la sensation du
croisement des regards œil droit/œil gauche
qui forment un angle d'autant plus ouvert que l'objet
se rapproche. L'effort détermine une légère
tension musculaire qui nous renseigne sur la proximité
de l'objet regardé.
Il
convient de ne pas confondre les deux genres de
trompe-l’œil, celui qui se voit de loin
et celui qu'on regarde de près : le trompe-l’œil
décoratif, ou monumental, ou mural, tel que
celui de Roquebrune Céramique et le trompe-l’œil
de chevalet. Le trompe-l’œil mural s'apparente
au décor de théâtre. On ne sait
pas d'ailleurs si les fameux raisins de Zeuxis ne
figuraient pas sur une scène. Le théâtre
antique étant en plein air, rien n'empêchait
les oiseaux d'y accéder. Dans ce cas, le
peintre grec s'était donné une peine
inutile, car l'éloignement de la scène
permet une facture expéditive étant
donnée la définition approximative
requise. Les peintres de décor n'ont pas
besoin de pinceau double zéro, ils utilisent
des balais, au sol. Les peintres décorateurs
qui exécutent les trompe-l’œil
à grande échelle, comme ceux qui décorent,
en Italie, les plafonds des églises, au XVIIe
siècle où, de nos jours, les pignons
des immeubles, peuvent adopter un traitement différent
selon qu'il s'agit du rez-de-chaussée ou
du 7e étage.
Définition
du trompe-l’œil
Le trompe-l’œil tend à restituer
le sujet avec la plus grande vérité
possible, principalement en donnant l’illusion
du relief. Pour y parvenir, le peintre n'utilise
qu'une profondeur restreinte et le contraste d'un
premier plan clair se détachant sur un arrière-plan
sombre. On peut dire qu'il est la forme la plus
accusée du réalisme, en donnant à
ce terme son sens technique et non son sens littéraire.
Dans le réalisme de Courbet. le terme s'applique
surtout au sujet, plus encore qu'à la manière
de le traiter. au cours de leur œuvre, et même
en l'absence de celle-ci.
Vers la fin du XVIIe siècle, le « trompe-l’œilliste
» le plus fécond, Cornelis Norbertus
Gysbrechts, ne se contentant pas de la forme rectangulaire,
réalise la découpe compliquée
d'un chevalet contre lequel il dispose un tableau,
retourne une palette, ajoute une nature morte et
une miniature, le tout découpé dans
le bois. À la même époque, sans
qu'on sache s'il avait vu cette découpe,
un Vénitien travaillant dans le midi de la
France avait réalisé un autre chevalet,
couvert de tableaux différents et encore
plus compliqué, qui est resté la propriété
- et la gloire - du musée d'Avignon. Gysbrechts
avait encore conçu un autre « chantourné
» : un vide-poches garni d'objets divers et
il paraît que Samuel Van Hoogstraten (1627-1678)
garnissait son atelier de découpes imitant
divers objets dans le but de surprendre ses visiteurs,
mais elles ont disparu et les trompe-l’œil
qu'il nous a laissés sont de forme rectangulaire,
mise è part cette curieuse vue d'intérieur
à trois dimensions de la National Gallery
qui se regarde par un œilleton.
De
nos jours, la facilité de découpage
du contreplaqué devrait renouveler l'usage
de sujets aux contours fantaisistes, dans la lignée
des silhouettes de personnages ou d'animaux, comme
il s'en fit au XVIIIe siècle : servante,
militaire, chien ou porc, voire au XXe siècle
: cuisinier, sergent de ville, l'un et l'autre chargés
d'arrêter le touriste. Genre qui n'a guère
produit dans le passé de véritable
œuvre d'art, faute d'avoir été
pratiqué par de véritables artistes.
De tels « chantournés » n'ont
d'expression que limités à leurs deux
dimensions, mais les sculptures qui peuvent leur
être opposées n'ont bien souvent que
peu d'angles sous lesquels on puisse les apprécier
favorablement. En outre le chantourné, s'il
a l'avantage de la couleur, présente aussi
celui de la légèreté et du
moindre encombrement et permet de diversifier les
sujets. Daniel Solnon est un des rares artistes
à perpétuer aujourd'hui le chantourné
et à l'avoir actualisé.
Gysbrechts,
a aussi inventé le tableau retourné,
sujet maintes fois repris par des artistes ne craignant
pas la répétition. Posé sur
le sol, ce trompe-l’œil sera pris pour
un tableau en attente d'être accroché
mais il risque de recevoir, dans une exposition,
quelques coups de pieds de visiteurs distraits.
Le même inconvénient guetterait les
imitateurs d'Oudry et de Chardin, qui conçurent
des écrans coupe-vent destinés à
fermer les cheminées pendant la belle saison,
lorsqu'on n'y fait plus de feu, Oudry avec un chien
devant une jatte, Chardin avec la nappe d'une table
desservie. De nos jours il faudrait y ajouter la
cheminée elle-même car peu d'immeubles
modernes en sont pourvus.
Les
céramistes ont imité la cage d'oiseau
avec une faïence plate découpée,
habitée par un perroquet. Mais dans une cage
il est un élément embarrassant à
traduire, c'est le vide, la transparence d'une grille,
dont les intervalles, les vides ont peu de chance
de se trouver de la même couleur que le mur
sur lequel on l'appliquera. Aussi, dans bien des
cas aurait-on avantage à présenter
le trompe-l’œil sur un fond de la couleur
des vides du tableau plutôt que de lui mettre
un cadre.
Il
serait souhaitable de s'évader du sempiternel
rectangle, mais nos yeux y restent contraints, puisque
l'ellipse des XVIe et XVIIe siècles après
une tentative de réapparition au XIXe siècle
est condamnée à moisir dans les greniers
malgré l'aspect gracieux de ses rondeurs.
Des « trompe-l’œillistes »
ont tenté de revaloriser le cercle mais le
losange, les polygones, l'étoile, restent
à l'écart, et devront peut-être
attendre le prochain siècle pour sortir du
néant.
Puisque
nous sommes condamnés au rectangle à
perpétuité, tâchons de découvrir
parmi les objets rectangulaires, usuels, ceux qui
sont susceptibles de s'adapter au trompe-l’œil
: porte, fenêtre, panneau d'affichage ou de
présentation, étagère (très
fréquemment utilisée), armoire, vestiaire,
bibliothèque, réfrigérateur,
coffre-fort, ardoise d'écolier, cageot de
légumes, cabine de douche ou d'essayage,
boîte d'herbier, d'insectes, de reptiles ou
de minéraux, cartes postales, épreuves
photographiques, paquets-poste ficelés et
affranchis ont déjà connu leur interprétation
en trompe-l’œil. À chacun de regarder,
dans la rue, dans les intérieurs, dans les
magasins, dans les revues pour y découvrir
des modes de présentation inusités,
mais toujours fondés sur la forme rectangulaire
du tableau, genre noble et de prix élevé.
On
a utilisé le placement horizontal, vu de
dessus sur une table basse pour des objets plats
(Foujita, Ducordeau). L'illusion est plus difficile
que dans la position verticale sur un mur, car le
spectateur voit toujours les objets représentés,
de biais, alors que l'angle de la vision doit être
perpendiculaire pour que l'illusion subsiste quand
on approche.
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aussi une tres belle histoire ici. |
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