VAN
GOGH
Biographie
Les
27 premières années
Vincent
Willem Van Gogh naît le 30 mars 1853 au
presbytère parental de Groot-Zundert, village
du Brabant septentrional (Pays-Bas). Il est, après
la naissance d'un garçon mort-né
du même prénom, un an auparavant
jour pour jour, l'aîné des six enfants
de Théodorus Van Gogh (1822-1885) et de
sa femme Anna Cornelia Carbentus (1819-1907).
Son père est pasteur de la communauté
réformée des Pays-Bas, sa mère
est fille d'un relieur de la Haye. En 1857, naît
son frère Théodorus (dit Théo)
; c'est avec celui-ci qu'il sera le plus proche.
De
1861 à 1864, Vincent fait sa scolarité
à l'école publique de Zundert .
En 1864 il entre à la pension de Zevenbergen
où il apprend le français, l'anglais,
et l'allemand et s'exerce au dessin. De 1866 à
1868, il est inscrit à la pension de Tilburg.
En 1868, il interrompt ses études et retourne
à Groot-Zundert. Son départ pour
La Haye se fait en 1869 où il entre comme
commis à la succursale de la Galerie d'Art
parisienne Goupil et Cie, fondée par son
oncle Vincent. Il y vend, sous la direction de
H. G. Tersteeg, des reproductions d'oeuvres d'art
; il lit beaucoup et visite des musées.
En
1871, son père est nommé pasteur
à Helvoirt dans le Brabant où il
s'installe avec sa famille. Vincent passe ses
vacances chez ses parents en 1872 ; il rend visite
à La Haye, à son frère Théo
avec lequel il commence à correspondre.
Sur recommandation de son oncle, il est envoyé
en janvier 1873 à la succursale de la Galerie
Goupil à Bruxelles, puis en mai à
celle de Londres. Avant de s'embarquer pour l'Angleterre,
il s'arrête à Paris, où impressionné,
il visite le Louvre. A partir de juin, il travaillera
pendant un an à Londres, à la Galerie
Goupil. A cette époque au cours de ses
promenades, il exécute ses premiers dessins
qu'il détruit ensuite. Epris d'Ursula,
la fille de sa logeuse, il est éconduit
et traverse une crise de découragement.
En novembre, son frère Théo est
envoyé à la succursale de la Galerie
Goupil à La Haye. En 1874, il passe des
vacances auprès de ses parents à
Helvoirt et leur confie sa désillusion
sentimentale, cause de son abattement. Il retourne
à la mi-juillet à Londres avec sa
soeur Anna. Il vit seul, éprouve peu d'intérêt
pour son travail, lit beaucoup, notamment des
ouvrages religieux. D'octobre à décembre,
grâce à son oncle, il est envoyé
temporairement au siège de la maison Goupil
à Paris où il espère qu'un
changement d'atmosphère lui sera salutaire.
A partir du mois de mai 1875, il sera définitivement
à Paris, mais négligeant de plus
en plus son travail, il mécontentera collègues
et clients. Chaque jour il lit la Bible ; il visite
les musées et les galeries d'art et s'enthousiasme
pour Corot et les maîtres hollandais du
XVIIIe siècle. En octobre, son père
Théodorus est nommé à Etten,
près de Breda. En décembre sans
être réellement en congé,
il passe les fêtes de Noël chez ses
parents.
En
avril 1876, il remet sa démission à
la maison Goupil et se rend à Ramsgate
près de Londres où il travaille
en qualité d'aide-instituteur. Il y est
logé et nourri. De juillet à décembre
de la même année, il est toujours
instituteur adjoint, à Isleworth, faubourg
ouvrier aux abords de Londres. Puis il devient
aide prédicateur et instituteur chez un
pasteur méthodiste. En novembre, il prononce
son premier sermon et souhaite consacrer sa vie
à l'évangélisation des pauvres.
Continuant de s'intéresser à la
peinture, il visite les collections d'Hampton
Court. A Noël, il se rend chez ses parents
à Etten, alarmés par l'état
de leur fils, ces derniers le persuadent de ne
pas retourner à Londres.
De
janvier à avril 1877, recommandé
par son oncle, il travaille comme vendeur dans
une librairie de Dordrecht. Il vit très
seul, assiste fréquemment à des
offices religieux et traduit des passages de la
Bible en plusieurs langues ; il dessine aussi.
Au mois de mai, convaincu de la vocation religieuse
de Vincent, son père accepte de le laisser
partir pour Amsterdam où il préparera
les examens d'entrée à la faculté
de théologie. Il habite chez son oncle
Johannes qui dirige les chantiers navals de la
ville. Il prend des leçons de latin, de
grec et de mathématiques. Il lit beaucoup,
visite des musées et dessine. Les études
lui semblant particulièrement ardues, il
finira par y renoncer. En juillet 1878, il retourne
chez ses parents, puis se rend avec son père
à Bruxelles, où il a l'intention,
à partir du mois d'août, de suivre
un cours de trois mois pour obtenir le titre de
prédicateur laïque. En attendant il
rentre à Etten. En août et en octobre,
il fréquente l'école de Laeken près
de Bruxelles mais jugé inapte au titre
d'évangélisateur, il revient à
Etten. En décembre de la même année,
il tente de poursuivre sa vocation et arrive dans
la région minière belge du Borinage
à la frontière française.
Il vit dans une extrême pauvreté,
visitant les malades et lisant la Bible aux mineurs.
De janvier à juillet 1879, il a la charge
(pour six mois) d'évangélisateur
laïque à Wasmes dans le Borinage.
Il loge dans une baraque où il dort sur
la paille. Il se sent profondément ébranlé
face aux conditions de vie des mineurs pour lesquels
il s'engage avec zèle. Ceci irrite ses
supérieurs qui ne renouvellent pas son
poste sous prétexte d'inaptitude à
la prédication.
En août, il va à pied à Bruxelles,
afin de demander conseil auprès du pasteur
Pieterson et lui montre les croquis qu'il a fait
des mineurs du Borinage : Croquis de Femmes de
mineurs portants des sacs. Puis il retourne auprès
des mineurs de la région de Cuesmes où,
sans être rétribué, il poursuit
son apostolat à titre personnel et ce,
jusqu'en juillet 1880. Bien que lui-même
connaisse la plus grande misère, il secourt
pauvres et malades. Il s'adonne à la lecture
: Dickens, Hugo, Shakespeare, continue à
dessiner et éprouve de plus en plus d'intérêt
pour la peinture. Il traverse une période
de crise profonde qui influencera sa vie future.
Il interrompt pendant quelque temps la correspondance
qu'il entretenait avec son frère Théo,
ce dernier ne lui ayant pas donné raison
quant au choix de sa vocation. A partir de juillet
1880, il reprend sa relation, épistolaire
avec Théo. Celui-ci travaille à
cette époque au siège de la maison
Goupil à Paris et lui apporte son soutient
financier. Vincent lui confie son état
d'incertitude angoissante.
La
période de La Haye
En
août et septembre, encouragé par
Théo, il dessine de nombreuses scènes
de la vie des mineurs. Il copie également
des oeuvres de Millet. En octobre, il s'inscrit
à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles
où il suit des cours de dessin d'anatomie
et de perspective. Il admire Millet et Daumier.
En novembre, il fait la connaissance du peintre
hollandais Van Rappard avec lequel il se lie d'amitié.
Il reste à Bruxelles jusqu'en avril 1881.
Au printemps, il se rend à Etten pour s'entretenir
avec Théo de ses projets artistiques. Il
ne retourne pas à Bruxelles mais continue
de dessiner des paysages. Il reçoit des
visites de Van Rappard avec lequel il effectue
des promenades.
En
été, il tombe amoureux de sa cousine
Kate Vos-Stricker (appelée Kee), veuve
avec un enfant, en visite à Etten ; celle-ci
le repousse et rentre plutôt que prévu
à Amsterdam ; Vincent se rend à
La Haye pour rendre visite au peintre Mauve pour
lequel il a une grande admiration. En automne,
il part pour Amsterdam, souhaitant épouser
Kee mais celle-ci refuse de le recevoir. Afin
de montrer sa détermination, il expose
un moment sa main à la flamme d'une lampe,
en présence des parents de la jeune femme.
En novembre et décembre, il va voir Mauve
à La Haye et peint pour la première
fois des natures mortes à l'huile ainsi
que des aquarelles. Ses relations avec ses parents
se dégradent en raison de son insistance
à l'égard de Kee et du caractère
outrancier de ses opinions religieuses. A Noël,
il se heurte violemment à son père
et refuse l'argent que celui-ci lui offre et quitte
Etten.
En
janvier 1882, Vincent part pour La Haye et habite
près de Mauve qui lui enseigne la peinture
et lui prête aussi de l'argent. Chaque mois
Théo lui envoie 100 à 200 florins.
Il fait bientôt la connaissance de Clasina
Maria Hoornik (Sien), une prostituée alcoolique
qui est enceinte. Il s'occupe d'elle et la fait
travailler comme modèle. Croquis : Sorrow.
En mars, il rompt avec Mauve mais cela n'altère
pas l'admiration qu'il lui porte. Les relations
qu'il entretient avec d'autres peintres sont également
difficiles. Seul, Weissenbruch apprécie
l'art de Vincent. Celui-ci dessine beaucoup d'après
nature ; en dehors de Sien, il prend ses modèles
parmi les pauvres gens. Son oncle Cornelis lui
commande vingt dessins à la plumes représentant
des vues de la ville. Ceci constitue son seul
gain. En juin, il est soigné pour une blennorragie
à l'hôpital municipal de La Haye
où il reçoit la visite de son père
et de Tersteeg. Malgré l'opposition de
sa famille et de ses amis, il veut épouser
Sien ; il la conduit à Leyde pour accoucher
et chercher un nouveau logement pour la future
famille.
En
été, il se préoccupe des
problèmes de la couleur en vue de la peinture
à l'huile pour laquelle Théo l'aide
à acquérir le matériel nécessaire.
Il peint surtout des paysages. Son père
est nommé pasteur à Nuenen et s'y
installe avec sa famille. A partir de l'automne,
il reste tout l'hiver et jusqu'en 1883 à
La Haye. Il peint des paysages et dessine d'après
nature. En hivers, il fait des portraits et des
dessins de gens du peuples, de vieillards d'un
hospice et de Sien avec son nouveau-né.
Il fait la connaissance du peintre Weele en compagnie
duquel il peindra au printemps, dans les dunes.
Il s'occupe aussi de techniques lithographiques.
Il poursuit ses nombreuses lectures, et s'intéresse
également aux revues Harper's Weekly et
The Graphic.
De
septembre à novembre 1883, après
en avoir parlé à Théo, il
prend la décision douloureuse de se séparer
de Sien avec laquelle il a vécu un an.
Il va vivre seul dans la province de la Drenthe,
dans le nord. Il se rend en bateau à Nieuw-Amsterdam
d'où il fait de longues randonnées.
Le paysage de sombre tourbières l'impressionne
tout comme avant lui, Lieberman et ses amis Mauve,
Van Rappard et Weele. Il peint et dessine les
paysans de la régions dans leur dur labeur.
Il visite le vieux village de Zweeloo, où
Lieberman vécut longtemps.
La
période de Nuenen
En
décembre, il s'installe à Nuenen,
où ses parents habitent et y reste jusqu'en
novembre 1885. Pendant ces deux années,
il peint quelque deux cents toiles aux tonalités
sombres et terreuses. Il lit les romans de Zola
mais aussi des écrits sur l'art de Delacroix
et de Fromentin et il est convaincu de l'existence
de rapports étroits entre la couleur et
la musique (Wagner) ; il prend des leçons
de chant et de piano. Ses parents veulent l'aider
et acceptent de le voir se vêtir et se comporter
de manière excentrique. Ils l'autorisent
à installer un atelier dans la dépendance
du presbytère.
En
mai1884, il transfert son atelier chez le sacristain
catholique. Il y reçoit la visite de Van
Rappard. En août, sa brève liaison
avec Margot Begemann, une voisine, est contrecarrée
par leurs familles respectives. Margot fait une
tentative de suicide. En août et septembre,
il peint six tableaux décoratifs pour la
salle à manger de l'orfèvre Hermans
à Eindhoven. En octobre, Van Rappard séjourne
à Nuenen. D'octobre à novembre,
il donne des leçons de peinture à
quelques amateurs de Eindhoven ; ensemble ils
se promènent et visitent les musées.
A partir de décembre et pendant l'hiver,
il exécute des études de portraits
après avoir mis au premier plan des paysans,
des tisserands au travail : Tisserand devant son
métier, mai 1884 et des paysages.
Son
père, Théodorus, meurt subitement
d'une apoplexie, le 26 mars 1885. Vincent en est
très affligé. Après une vive
discussion avec sa soeur Anna, il s'installe dans
son atelier chez le sacristain. En avril et mai,
il peint Les mangeurs de pommes de terrequi sera
l'oeuvre la plus représentative de la période
hollandaise. Il envoie une lithographie d'une
version précédente à Van
Rappard qui la critique vivement ; ce sera la
fin de leur amitié.
En
septembre, une jeune paysanne qui avait posé
pour Vincent étant enceinte, le curé
catholique interdit désormais aux habitants
du village de servir de modèle à
l'artiste. Celui-ci peint des natures mortes avec
des pommes de terre et des nids d'oiseaux. En
octobre, il part avec son ami Kerssemakers d'Eindhoven
pour Amsterdam et visite le Rijksmuseum où
il est impressionné par les tableaux de
Rembrandt et de Hals. En novembre, il se rend
à Anvers, où il reste jusqu'en février
1886. Il essaie d'entrer en contact avec des artistes
et veut vendre quelques toiles. Visitant les musées,
il s'intéresse surtout à Rubens.
Lors de ses promenades à travers la ville,
il découvre des estampes japonaises et
les achète. En janvier 1886, il s'inscrit
à l'école des Beaux-Arts où
il fréquente les cours de peinture et de
dessin, mais son intolérance face au conformisme
académique engendre bientôt des différents.
Il participe tout de même au concours d'accession
aux classes supérieures. En février,
à la suite d'une mauvaise alimentation,
de l'excès de travail et de l'abus de tabac,
il est malade pendant un mois.
|