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LA NOTE D'INFO DE ROQUEBRUNE CERAMIQUE

Pompéi : « Terre des dieux » , terre fertile au pied du volcanPompéi est un site archéologique situé sur la côte ouest de l'Italie, au sud de Naples dans la baie du même nom. Installée dans la Campanie, la ville de Pompéi était au cœur d'une riche région que les Romains qualifiaient de « Terre des dieux » pour sa fertilité, sa proximité de la mer et son climat.

Une terre fertile : La ville fut construite sur ce que les Romains considéraient comme une montagne fertile, Strabon décrivant le Vésuve au Ier siècle av. J.-C., comme « entièrement couvert de champs fertiles sauf au sommet partiellement plat mais totalement stérile et d'aspect cendreux[s 2]. En réalité, il s'agissait d'un plateau volcanique formé par une ancienne langue de lave et escarpé sur trois côtés. Le côté sud-ouest domine la mer mais le tout est surplombé au nord par le Vésuve.

Le volcan, éteint depuis plusieurs siècles, n'était pas une source d'inquiétude pour les habitants de la région. La terre, riche comme le sont tous les sols d'origine volcanique, permettait, en particulier, la culture de la vigne et donc favorisait l'afflux de population. Pompéi comptait alors environ douze mille habitants.

Un site stratégique : Pompéi est construite près de l'embouchure du fleuve Sarno (sud-est) dont la navigabilité fait de la ville, toujours selon Strabon, « un port à Nola, Nucéria et Acherra », villes situées à l'intérieur des terres.

La situation élevée de la ville construite sur un plateau (33 m) en fait un poste stratégique pour la surveillance du déplacement des navires dans la baie de Naples. Mais la ville n'est pas entourée de sources et c'est un inconvénient. Les Romains ont donc construit des citernes d'eau pluviale, puis un aqueduc partant du fleuve Sarno pour assurer l'approvisionnement de la ville.

Pompéi était donc une terre prospère quand, un jour de l'année 79 elle fut entièrement dévastée. Si la date du 24 août 79 est la date officiellement retenue (notamment par l'UNESCO), personne n'est absolument sûr de la date précise de l'éruption. Seul le récit de Pline le Jeune nous est parvenu. D'après des recherches récentes, la végétation retrouvée sur le site semble indiquer que l'éruption aurait plutôt eu lieu en Automne. Voir : La date de la fin.

Cette fin tragique explique en partie la renommée de la ville ; quant aux fouilles archéologiques, elles ont permis de faire surgir de sa gangue une cité développée, de faire revivre toute une société et la richesse de son histoire.

De la fondation de Pompéi à sa fin tragique : Destruction de Pompéi.Pompéi fut fondée avant le VIe (peut-être au VIIe ou VIIIe siècle av. J.-C.), par un regroupement de cinq villages osques (pompaios = cinq) et détruite, selon le récit de Pline le Jeune, le 24 août 79 par une éruption du Vésuve. La ville s'est développée d'abord vers l'est puis dans les directions nord-ouest et sud-est jusqu'à atteindre près de 66 hectares, dont 44 d'habitations, le reste étant constitué de jardins et de champs se concentrant principalement au nord de la voie d'Abondance

Fondation : Fondée sur une retombée de lave, au pied du Vésuve, au cœur des régions VII et VIII de la ville, sur une route commerciale importante[s 3], Pompéi est bâtie sur un site idéal.

Influences diverses : Au VIe siècle av. J.-C., les Grecs introduisent le culte d’Apollon (construction du temple d’Apollon ; construction du temple dorique sur l’agora triangulaire). Pompéi n’est qu’une base pour contrôler les débouchés de l’arrière-pays, très fertile.

La cité fut sujette aux Étrusques pendant presque cinquante ans (jusqu'en 474 avant J.-C.) lorsque ceux-ci occupèrent la partie intérieure de la Campanie. Tout de suite après, elle retourna dans la sphère d'influence des Grecs, avant d'être englobée dans la zone d'expansion Samnites (Ve siècle av. J.-C.). Avec eux elle s'agrandit notoirement, édifiant alors le centre historique dont les vestiges sont aujourd'hui encore très importants. On le reconnaît notamment grâce à sa muraille d'enceinte plus ancienne, à l'architecture de certaines maisons (celles qui sont caractérisées par l'atrium de type toscan), aux édifices publics du Forum Triangulaire et au Temple d'Apollon dans le Forum civil.

  • De -474 à -424, les Grecs reprennent le contrôle de la ville, restaurent les temples, développent un quartier au plan géométrique (région VI), et entourent Pompéi de murailles.
  • En -424, Pompéi est conquise par les Samnites qui prennent le nom de Campanie en arrivant dans les plaines. On se remet à parler l’osque, langue commune aux plus anciens occupants, les Osques, et aux nouveaux occupants, les Samnites qui étendent les murailles de la ville.

Influence romaine : Pendant ce temps, Rome avait entrepris son avancée progressive vers l'Italie du Sud et avait commencé à mettre à mal la résistance des populations italiques. Les peuples Samnites durent eux aussi se rendre à l'Urbe, après trois longues années de guerre, dont la dernière dura de 298 à 290 avant J.-C. Avec la conquête de la Campanie, Pompéi connut donc la domination des Romains, devenant "socia", statut qui comportait le maintien d'une autonomie locale.

Entre -214 et -210 se déroule la Deuxième Guerre punique : Hannibal part à la conquête de Rome avec ses éléphants. Pompéi, contrairement aux autres villes Samnites, reste fidèle à Rome.

Cette longue période de prospérité s'interrompt avec la guerre menée contre Rome par les cités italiques -dont Pompéi- afin d'obtenir la citoyenneté romaine. En mars 90 av. J.-C., les villes Samnites se révoltent contre Rome lors de la Guerre sociale. Cette fois, Pompéi se joint à elles. La guerre est dure et les Romains conduits par Sylla prennent Pompéi. Les Romains ne reconstruisent pas une nouvelle ville sur celle des Samnites, mais s’installent dans Pompéi telle qu’elle était au temps des Samnites.

Période romaine : En 80 av. J.-C., Pompéi est transformée par Sylla en colonie romaine: les riches colons romains remplacent alors les habitants chassés de leurs demeures et s’installent principalement dans de grandes villas bâties sur le flanc du Vésuve, à l’emplacement des remparts primitifs. L’ère romaine commence. Sylla installe 2 000 vétérans à Pompéi, devenue colonia Cornelia Veneria Pompeianorum.

Comme par le passé, Pompéi continua à s'agrandir et à se développer dans tous les domaines, en particulier dans le secteur économique, largement favorisée par son arrière pays fertile et par sa position géographique enviable. Toutes les activités liées au commerce et au trafic maritime progressèrent. Le résultat de ce remarquable développement fut immédiat : à l'extérieur, il conduisit à un accroissement de Pompéi par rapport aux autres villes de Campanie ; à l'intérieur, la conséquence fut l'augmentation générale de la qualité de vie d'une grande partie des différentes classes sociales. C'est ainsi que la classe des commerçants et des entrepreneurs, qui avaient fait la fortune de Pompéi, ne cessa de se développer.

L'économie florissante entraîna un accroissement démographique considérable, une augmentation du niveau de vie de la population ainsi qu'un embellissement de la ville. Les nouveaux riches, désireux de prévaloir sur la classe aristocratique traditionnellement détentrice du pouvoir, entrèrent en compétition pour faire étalage de leur opulence par le biais de somptueuses demeures, d'objets et de bijoux précieux. L'expansion urbaine se réalisa surtout le long de la via dell'Abbondanza, centre symbolique de la nouvelle classe émergente.

La fin : Article détaillé : Destruction de Pompéi.En 62 après Jésus-Christ, Pompéi et les nombreux centres établis à proximité du Vésuve sont endommagés par un important tremblement de terre qui détruit une grande partie des édifices publics et privés. Des travaux de restauration sont immédiatement entrepris, nombre d'entre eux s'achevant rapidement - surtout ceux qui concernent les édifices privés.

La reprise ne fut pas facile. La classe sociale la plus défavorisée subit de graves conséquences car ses maisons furent détruites. La plupart des édifices publics et privés étaient encore en phase de consolidation et de restauration lors de l'éruption en 79.

Mais, vers 70 après Jésus-Christ, la cité subit une série de secousses telluriques : une partie des habitants - ceux qui en ont la possibilité - quittent la ville pour des lieux plus sûrs, vendant leurs possessions à très bas prix à des habitants, qui acquièrent ainsi de grandes propriétés.

La date de la fin : À une date traditionnellement fixée au 24 août 79, l'éruption du Vésuve entraîne la destruction de la ville. Pline le Jeune, qui était dans les environs, a décrit l’éruption dans deux lettres à Tacite. Le Vésuve commença à déverser sur la ville et sur celles d'Herculanum et de Stabies, toutes proches, une énorme masse de cendres, de lapilli et de lave[q 1]. Tout fut englouti sous une épaisse croûte de matériaux éruptifs, profonde parfois de 30 m [q 1]. Les habitants, dont la plupart avaient accouru sur le littoral, furent suffoqués par les émanations de gaz, tandis que d'autres trouvèrent la mort à l'intérieur même de leurs maisons.

La date exacte de l'éruption fut longtemps placée au 24 août 79 car la majorité des manuscrits de Pline portait la mention des calendes de septembre, quelques manuscrits cependant portaient des leçons indiquant des dates différentes et légèrement postérieures : l'une indique en particulier les calendes de novembre (1er novembre), peut-être faut-il alors placer l'éruption le neuvième jour avant les calendes de novembre, notre 24 octobre. Longtemps délaissée cette datation a suscité à nouveau l'intérêt des historiens au regard des indices de plus en plus nombreux qui semblaient placer l'éruption en automne : des dolia (grandes amphores) semblaient contenir du vin fraichement pressé, les brasero étaient allumés le jour de l'éruption, la végétation indiquait l'automne : noix, figues...[3]. Selon des travaux récents, en particulier ceux de l'archéologue italienne Grete Stefani, l'analyse de monnaies trouvées en 1974 dans la maison du bracelet d'or et datant de la quinzième salutation impériale de Titus, nécessairement postérieures au début de septembre 79, aurait récemment confirmé cette datation[4].

Pompéi : une ville morte et un site exceptionnel : Exemple de momificationPar son état de conservation après avoir été momifiée sous un déluge de cendres, Pompéi constitue un étonnant témoignage ponctuel de la civilisation romaine.

Il est maintenant possible de remonter plus loin dans le temps, aux origines de la ville. Il a ainsi été retrouvé, en certains endroits, jusqu'à trois couches de sédiments correspondant à trois siècles bien distincts, les VIIIe, IVe et IIe siècle av. J.-C., fournissant des informations précieuses sur la colonisation de la région avant l'ère romaine.

Les fouilles ont mis au jour une ville endormie au moment exact de l'éruption du Vésuve, il y a plus de 1 900 ans. Les cendres qui ont brûlé tous les tissus vivants, s'y sont déposées, créant à la fois une gaine protectrice et un moule de l'objet détruit[q 2]. L'état de conservation du site provient aussi de la couche de cendre qui, allant jusqu'à 20 mètres (soit l'équivalent d'un immeuble de 6 étages), a recouvert le site et l'a protégé des pillages.

Figés d'abord par les cendres et lapilli qui ont recouvert la cité, les habitants de Pompéi le furent ensuite par des moulages en plâtre, et on peut les voir aujourd'hui dans l'attitude où la mort les a surpris. Certains tentèrent de s'enfuir, de protéger leurs enfants ou de mettre leur magot à l'abri. Les archéologues estiment entre 15 000 et 20 000 le nombre de victimes[q 1] liées directement à l'éruption.

Certaines de ces figures sont observables à l'Antiquarium, aux thermes de Stabies. D'autres ont été laissées à l'endroit-même de leur découverte.

Découverte du site : vers 1600

Évolution des fouilles sur le site de Pompéi
1ères traces de fouille

1748-1798
1806-1815
1815-1860
1860-1878 1879-1923
1924-1961
1962-1983
1983-aujourd'hui
Au cours des travaux de creusement d'un canal visant à dévier le fleuve Sarno (entre 1594 et 1600), l'architecte Fontana découvrit quelques édifices antiques, aux murs recouverts d'inscriptions ou de peintures : voilà la première découverte, fortuite, des vestiges de Pompéi.

On accorda toutefois que peu de prix à ces découvertes et il fallut attendre un siècle et demi plus tard, pour voir de vraies fouilles entreprises grâce à l'abbé Martorelli, à l'exemple de ce qui avait été fait, quelques années plus tôt, à Herculanum.

Ce qui fit la particularité de Pompéi, la facilité des travaux, s'explique par le fait que la couche de cendre était bien plus facile à extraire que la lave solidifiée qui avait recouvert Herculanum. La conséquence logique fut la prédominance immédiate qu'eurent les fouilles de Pompéi, ce qui permit d'obtenir de brillants résultats.

Identification du site : En 1763, l'identification du site est confirmée avec la découverte [réf. nécessaire] d'une inscription référence à Res Publica Pompeianorum.

Si, jusqu'à la fin du XIXe siècle, les méthodes de fouilles étaient plutôt sommaires, visant principalement à découvrir des objets précieux pour les placer d'abord dans des collections particulières, puis dans les musées, en revanche, les fouilles du siècle dernier (ainsi que les fouilles plus récentes), furent menées dans le but précis de sauvegarder, autant que possible, l'intégrité des lieux mis au jour. Une très grande attention se concentra donc sur la découverte et la remise en œuvre des éléments des structures supérieures des habitations. Il s'agissait également de conserver, avec beaucoup de précautions, la décoration des murs et les mosaïques, ainsi que les objets d'art ou de la vie de tous les jours, afin de procurer au visiteur une sensation de vie au fort impact émotif.

En 1808, l'arrivée de Joachim Murat comme roi de Naples, avec sa femme Caroline, relança l'enthousiasme archéologique pour le site.

Le moulage : 1860, Une deuxième phase commença en 1860, avec Giuseppe Fiorelli, à qui l'on doit l'ingénieuse méthode de moulage[s 4]:, grâce à laquelle furent reconstituées - en versant du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de pierre ponce et de cendres par les 1100 corps humains, sans compter les animaux, les arbres et les objets en bois - les formes de tous les corps organiques demeurés emprisonnés dans les coulées de l'éruption. On peut voir des habitants de Pompéi dans l'attitude où la mort les surprit. Il y en a qui tentent de s'enfuir, de protéger leurs enfants ... ou de mettre leur magot à l'abri. On peut voir ces bouleversants spectres à l'Antiquarium ou aux thermes de Stabies. Mais certains ont été laissés à l'endroit même où les corps furent autrefois découverts.

La nouvelle méthode de fouille a connu une vigoureuse impulsion au XXe siècle, d'abord avec Vittorio Spinazzola, puis avec Amedeo Maiuri, chercheur génial qui étudia, inlassablement, l'archéologie pompéienne et campanienne.

texte informatif fourni par wikipedia