LA
NOTE D'INFO DE ROQUEBRUNE CERAMIQUE :
L'art
naïf désigne aussi une école de peinture, nommée
« peintres naïfs », prônant un style pictural
figuratif qui se caractérise notamment pour la minutie apportée
aux détails, l'emploi de couleurs gaies (en aplats), et une représentation
« ingénue » et figurative de sujets populaires (paysages
campagnards, costumes folkloriques, animaux domestiques ou sauvages).
La codification et la pérennité de ce style semblent donc
mener vers une autre forme d'académisme.
Le
terme « naïf » aurait été utilisé
pour la première fois au XIXe siècle, pour qualifier les
œuvres du peintre Douanier Rousseau, qui peignait hors des normes
académiques, sans suivre pourtant les recherches picturales de
l'avant-garde (impressionnisme). Il faut toutefois remarquer que dès
1870, dans son poème Au cabaret vert, Arthur Rimbaud emploie
le mot pour désigner des représentations picturales "maladroites"
: « je contemplai les sujets très naïfs de la tapisserie
», ce qui est peut-être à l'origine de l'emploi «
naïf » chez Guillaume Apollinaire quelque temps plus tard.
Il s'applique aussi à des formes d'expression populaires de différents
pays, notamment au courant artistique le plus connu d'Haïti.
Au
Québec, on emploie plus volontiers le terme d'art indiscipliné,
bien que celui d'art naïf soit parfois utilisé.
Denis
Diderot développa l'Art naïf comme étant le seul
courant véritablement art, dans son Traité du beau. Car
pour lui l'art doit être exempt de tout sentiment d'utile et d'agréable,
c'est à dire dépecé de tout intérêt
humain salissant le Beau. Et qui est le mieux placé pour y parvenir?
Diderot affirmera que c'est l'athée car il est libre de sa vision
de la nature et de sa représentation ensuite artistique, il y
rejettera tout finalisme. L'art naïf comme étonnement de
tout ce qui est, la vision la plus proche de la réalité,
qui se détache de ses carcans habituels. C'est aussi le retour
de l'art fragmenté, et du difforme, et des paysages en ruine
: « Souviens toi que tu meurs (memento mori) » pour mieux
vivre et plus intensément.
Artistes naïfs
Henri Rousseau, dit « le douanier Rousseau », qui ne comprenait
rien à la perspective et comprenait mal que des gens de l'art
moderne (Alphonse Allais, Guillaume Apollinaire) lui fassent la fête
tandis que les peintres académiques le regardaient de haut...
- Ferdinand
Cheval, dit « le facteur Cheval », qui construisit le
Palais idéal à Hauterives dans la Drôme.
- Séraphine
de Senlis, servante internée à l'asile.
- Niko
Pirosmanashvili, dit Niko Pirosmani (1862-1918), artiste géorgien
qui peignait sur des toiles cirées noires ou réalisait
des enseignes pour les cabarets de Tiflis contre un cruchon de vin
et un repas, découvert par les artistes de l'avant-garde
russe Mikhaïl Le Dentu et Krill et Ilia Zdanevitch.
- André
Demonchy, cheminot, célèbre pour ses trains, le détail
des murs et de ses personnages, dont beaucoup d'œuvres sont
parties aux États-Unis. Sa cote ne cesse de monter, son tableau
Lescure en albigeois a dépassé 1 million de dollars
chez Phillips auction à Los Angeles en 2005.
- Jean-Étienne
Delacroix, cultivateur à Argenteuil.
- Raymond
Isidore, qui construisit la maison Picassiette à Chartres.
- Eva
Lallemant.
- Chalgalo
(1882-1968) peintre naïf français.
- Denys
Corbet, journaliste, était un poète et peintre naïf
normand.
- Robert
Tatin, qui construisit un « étrange musée »
à Cossé-le-Vivien dans la Mayenne.
- Aristide
Caillaud.
- Léon
Markarian, artiste originaire d'Arménie, vécu à
Nice.
- Frédéric
De Munter, artiste naïf contemporain né en Belgique
le 16 avril 1969, poète pictural de l'art naïf.
- Ivan
Generalic était un peintre naïve croate d'art.
- Radi
Nedelchev est un peintre bulgare d'art naïf.
- Jean
Schubnel était un peintre naïf français du XXe
siècle.
- Bernard
Vercruyce, peintre autodidacte dont le sujet principal est le chat.
Nommé Académicien du Chat par l’Accademia dei
Gatti Magici de Rome en 1994.
- André
Pierre (1914-2005) le peintre le plus célèbre et le
plus représentatif de l'art naïf haïtien, exposé
à New York, Sydney, Osaka, musée Getty...
- Léonce
Durette, artiste québécois encore vivant, internationalement
célèbre pour sa maison « pin d'épice
».
- Alphonse
Benquet (1857-1933), peintre sculpteur, dont les œuvres firent
partie de la collection privée d'André Breton.
- Michel
Loeb (né en 1931), ancien joailler, découvert par
Félix Vercel dans les années 1970.
La peinture naïve connaît un renouveau au début
du XXIe siècle. Une nouvelle expression débarrassée
des stéréotypes passéistes, simplistes et enfantins
en vogue dans les années 1980 (et jusqu’à la
fin du siècle) a vu le jour.
- La
Française Anne Guyonneau, qui se prévaut du «
réalisme poétique », représente la traduction
la mieux achevée de cette renaissance prometteuse.
- Simone
Le Moigne, artiste contemporaine française.
- Alain
Thomas, chef de file de la peinture naïve contemporaine.
- Arthur
Villeneuve, peintre naïf ayant recouvert les murs de sa maison
de ses œuvres.
- Stephane
Cuny, Peintre naïf, s'inspire de l'art populaire d'Europe Centrale.
- Céleste
Pedoux, Peintre naïf du Pays de Liège. Autodidacte,
exporte son art teinté de fraîcheur aux travers de
multiples compositions florales. Également un grand nombre
de toiles représentant le charme des paysages wallons.
|