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| PREMIERE GALERIE DES TROMPE L'OEIL visitez aussi notre nouvelle Galerie des Trompe l'oeil
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HISTOIRE DE L'ART ET LA NOTE D'INFO DE ROQUEBRUNE CERAMIQUE :Le trompe-l'œil est un genre pictural destiné à jouer sur la confusion de la perception du spectateur qui, sachant qu'il est devant un tableau, une surface plane peinte, est malgré tout, trompé sur les moyens d'obtenir cette illusion.Une des premières entreprises de la peinture étant de figurer d’abord sur des murs, puis des toiles, des images de notre environnement, cette figuration a mené à des lois de perspective et développé une technicité picturale qui reste une des grandes directions de l’art. Jeu de séduction et de confusion du spectateur, le trompe-l’œil a porté très évidemment son choix plus volontiers vers des sujets inanimés ou statiques. Le domaine du trompe-l’œil ne se limite pas qu’au tableau ; lorsqu’il en dépasse le cadre, il envahit le mur tout entier et devient une peinture murale. L’architecture y est alors figurée selon les lois de la perspective pour le spectateur ; elle peut aussi, dans une illusion saisissante, être un vrai trompe-l’œil architectural. Malgré
tout ne confondons pas tromperie efficace et représentation picturale
très réaliste : un objet qui sort du cadre et peint sur
le bord du tableau est souvent un trompe-l’œil destiné
à montrer que le reste du tableau n’en est pas un (Voir
les écrits de Daniel Arasse : Le Détail, pour une histoire
rapprochée de la peinture), une vue en perspective dans un cadre
est une représentation, une perspective peinte dans le décor
même pour en prolonger la réalité, un trompe-l’œil,
comme les moulures et fenêtres décorant les façades
italiennes de la Ligurie. Les trompe-l’œil, ces peintures qui étaient oubliées depuis deux siècles en Europe, les Américains les avaient, eux, admirés au cours du XIXe siècle et s'en étaient même engoués au moment où l'Europe découvrait l'impressionnisme. L'anecdote célèbre rapportée par Pline le naturaliste, d'après qui Zeuxis avait peint des raisins sur lesquels s'étaient jetés des oiseaux, trompés par l'exécution parfaite, une foule d'autres récits de même ordre nous indiquent que dès les débuts de la peinture, on cherchait avant tout l'identité de la chose peinte avec son modèle. Malgré la pauvreté des moyens techniques dont ils disposaient, les décorateurs romains étaient parvenus à imiter le relief à même les murs pour simuler la sculpture et les éléments d'architecture : colonnes, chapiteaux, soubassements, statues, enrichissant à moindres frais les intérieurs. À l'aube du réveil de la civilisation sous la forme de la peinture réaliste, Giotto commence par utiliser des trompe-l’œil dans sa décoration de la chapelle Scrovegni (1305) à Padoue, et toute la peinture illustrative en découle : à Florence son élève Taddeo Gaddi imite son exemple dans le chœur de Santa Maria Novella (v. 1338), mais il faut attendre plus d'un siècle pour que leurs successeurs Masolino da Panicale et Masaccio renouvellent cet exploit. L'invention de la peinture à l'huile qui permettait le modelé s'est traduite immédiatement par l'imitation de la sculpture sur les volets des tableaux d'église, par son inventeur même, Van Eyck. Toutes les peintures de ses proches successeurs: Rogier van der Weyden, Memling, Mabuse, le Maître de l'Annonciation d'Aix ont été classées par les historiens d'art dans le genre de la « peinture sculpturale ». En Italie, le XVe siècle nous amène Antonello de Messine, dont le Saint Jérôme de la National Gallery est un magnifique trompe-l’œil sauf en ce qui concerne la dimension, réduite. Le Vénitien Carlo Crivelli peint un trompe-l’œil réussi avec sa Vierge à l’enfant du musée de New York.Il a soin en outre, d'orner chacun de ses tableaux par des fruits et des légumes en grandeur réelle, qui n'ont d'autre but que d'en affirmer la réalité. En 1504, enfin, Jacopo de Brabari, Vénitien, exécute à Vienne un prototype des trompe-l’œil qui suivront, qui est en même temps la première nature morte, sous la forme d'une perdrix suspendue à un mur avec deux gantelets de fer (Munich, Alte Pinakothek). Au XVIIe siècle italien, la peinture se détourne du réalisme pour développer ses possibilités illustratives dans de grandes dimensions décoratives. Toutefois, Raphaël n'hésite pas à souligner ses fresques grandioses du Vatican par des soubassements en camaïeu imitant la sculpture : Michel-Ange accomplit le plus grand trompe-l’œil de tous les temps avec le plafond de la Chapelle Sixtine. Sandro Botticelli et ses confrères du Quattrocento, l'avaient déjà entourée par les images des papes en fausses sculptures. En Hollande, au XVIIe siècle, les sujets sont moins ambitieux. La nature morte y atteint un sommet. Le trompe-l’œil en est une sorte de maniérisme qui tente d'annexer la troisième dimension en réduisant la profondeur de champ et en accentuant le contraste clair-foncé. Cependant, l'évolution diffère selon qu'il s'agit de trompe-l’œil décoratifs à grande échelle ou de tableaux de petits formats conçus pour amuser les spectateurs, qui sourient quand ils s'aperçoivent que ce qu'ils ont pris pour un relief est parfaitement plat. En effet, le relief s'apprécie surtout par la mise au point du cristallin qui s'épaissit pour accommoder la vue de près. La distance, la profondeur se ressentent par la sensation du croisement des regards œil droit/œil gauche qui forment un angle d'autant plus ouvert que l'objet se rapproche. L'effort détermine une légère tension musculaire qui nous renseigne sur la proximité de l'objet regardé. Il convient de ne pas confondre les deux genres de trompe-l’œil, celui qui se voit de loin et celui qu'on regarde de près : le trompe-l’œil décoratif, ou monumental, ou mural, et le trompe-l’œil de chevalet. Le trompe-l’œimural s'apparente au décor de théâtre. On ne sait pas d'ailleurs si les fameux raisins de Zeuxis ne figuraient pas sur une scène. Le théâtre antique étant en plein air, rien n'empêchait les oiseaux d'y accéder. Dans ce cas, le peintre grec s'était donné une peine inutile, car l'éloignement de la scène permet une facture expéditive étant donnée la définition approximative requise. Les peintres de décor n'ont pas besoin de pinceau double zéro, ils utilisent des balais, au sol. Les peintres décorateurs qui exécutent les trompe-l’œil à grande échelle, comme ceux qui décorent, en Italie, les plafonds des églises, au XVIIe siècle où, de nos jours, les pignons des immeubles, peuvent adopter un traitement différent selon qu'il s'agit du rez-de-chaussée ou du 7e étage.
Définition
du trompe-l’œil . De nos jours, la facilité de découpage du contreplaqué devrait renouveler l'usage de sujets aux contours fantaisistes, dans la lignée des silhouettes de personnages ou d'animaux, comme il s'en fit au XVIIIe siècle : servante, militaire, chien ou porc, voire au XXe siècle : cuisinier, sergent de ville, l'un et l'autre chargés d'arrêter le touriste. Genre qui n'a guère produit dans le passé de véritable œuvre d'art, faute d'avoir été pratiqué par de véritables artistes. De tels « chantournés » n'ont d'expression que limités à leurs deux dimensions, mais les sculptures qui peuvent leur être opposées n'ont bien souvent que peu d'angles sous lesquels on puisse les apprécier favorablement. En outre le chantourné, s'il a l'avantage de la couleur, présente aussi celui de la légèreté et du moindre encombrement et permet de diversifier les sujets. Daniel Solnon est un des rares artistes à perpétuer aujourd'hui le chantourné et à l'avoir actualisé. Gysbrechts, a aussi inventé le tableau retourné, sujet maintes fois repris par des artistes ne craignant pas la répétition. Posé sur le sol, ce trompe-l’œil sera pris pour un tableau en attente d'être accroché mais il risque de recevoir, dans une exposition, quelques coups de pieds de visiteurs distraits. Le même inconvénient guetterait les imitateurs d'Oudry et de Chardin, qui conçurent des écrans coupe-vent destinés à fermer les cheminées pendant la belle saison, lorsqu'on n'y fait plus de feu, Oudry avec un chien devant une jatte, Chardin avec la nappe d'une table desservie. De nos jours il faudrait y ajouter la cheminée elle-même car peu d'immeubles modernes en sont pourvus. Les céramistes ont imité la cage d'oiseau avec une faïence plate découpée, habitée par un perroquet. Mais dans une cage il est un élément embarrassant à traduire, c'est le vide, la transparence d'une grille, dont les intervalles, les vides ont peu de chance de se trouver de la même couleur que le mur sur lequel on l'appliquera. Aussi, dans bien des cas aurait-on avantage à présenter le trompe-l’œil sur un fond de la couleur des vides du tableau plutôt que de lui mettre un cadre. Il serait souhaitable de s'évader du sempiternel rectangle, mais nos yeux y restent contraints, puisque l'ellipse des XVIe et XVIIe siècles après une tentative de réapparition au XIXe siècle est condamnée à moisir dans les greniers malgré l'aspect gracieux de ses rondeurs. Des « trompe-l’œillistes » ont tenté de revaloriser le cercle mais le losange, les polygones, l'étoile, restent à l'écart, et devront peut-être attendre le prochain siècle pour sortir du néant. Puisque nous sommes condamnés au rectangle à perpétuité, tâchons de découvrir parmi les objets rectangulaires, usuels, ceux qui sont susceptibles de s'adapter au trompe-l’œil : porte, fenêtre, panneau d'affichage ou de présentation, étagère (très fréquemment utilisée), armoire, vestiaire, bibliothèque, réfrigérateur, coffre-fort, ardoise d'écolier, cageot de légumes, cabine de douche ou d'essayage, boîte d'herbier, d'insectes, de reptiles ou de minéraux, cartes postales, épreuves photographiques, paquets-poste ficelés et affranchis ont déjà connu leur interprétation en trompe-l’œil. À chacun de regarder, dans la rue, dans les intérieurs, dans les magasins, dans les revues pour y découvrir des modes de présentation inusités, mais toujours fondés sur la forme rectangulaire du tableau, genre noble et de prix élevé. On a utilisé le placement horizontal, vu de dessus sur une table basse pour des objets plats (Foujita, Ducordeau). L'illusion est plus difficile que dans la position verticale sur un mur, car le spectateur voit toujours les objets représentés, de biais, alors que l'angle de la vision doit être perpendiculaire pour que l'illusion subsiste quand on approche.
Illusion de la perception . Le jeu de l’ombre et de la lumière confirmera la justesse des couleurs, rendant pertinente la représentation d’objets. Leur présence est si trompeuse qu’ils semblent appartenir à l’espace réel du spectateur. Vrais objets ? Cette vérité du trompe-l’œil, patiemment et habilement fabriquée est un art du faux, faux semblant, ruse de la couleur et du dessin exact. L’ombre est reine qui modèle les volumes et les reliefs et répond à sa complice la lumière. La curiosité du spectateur est piquée à ce pari du trompe-l’œil dont on sort conquis, mais pas dupe. Ce clin d’œil avec le « voyeur » du tableau en donne bien la limite. Le clin d’œil et l’humour qui accompagnent bien souvent le trompe-l’œil en sont l’élégance. La distance a fondé le point de vue, l’approche du tableau révélera le stratagème : il ne s’agit que de peinture mais l’art a joué son rôle.
En
décoration, le trompe-l’œil s’attache à
imiter les matières, bois, marbre, appareillage de pierre se
fondant avec l’architecture. Il peut même s'intégrer
sur un pan de mur entier (soldat du Moyen-Âge). |